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Top 10 des cols cyclistes en Italie : les ascensions mythiques du Giro

Quatre-vingt-huit lacets. 1 808 mètres de dénivelé. Une route taillée dans la roche à 2 758 mètres d’altitude. Le Passo dello Stelvio résume à lui seul tout ce qui rend les cols italiens uniques : démesurés, historiques, et terriblement beaux. Mais l’Italie ne se réduit pas au Stelvio. Entre les Alpes lombardes et les Dolomites vénètes, le pays cache dix ascensions qui ont forgé la légende du Giro d’Italia et façonné les jambes de Coppi, Pantani et Nibali. Ce guide passe en revue les 10 cols cyclistes italiens incontournables avec les chiffres clés, le profil, l’histoire et les conseils pratiques pour les aborder à votre meilleur niveau.

Pourquoi l’Italie est le paradis des grimpeurs

Il y a une raison pour laquelle les meilleurs grimpeurs du monde parlent de l’Italie à voix basse, avec ce mélange de respect et de désir qui précède les grandes confrontations. Ce pays possède une concentration de montées exceptionnelles que peu de territoires au monde peuvent rivaliser. Les Alpes du nord barrent la frontière avec la Suisse et l’Autriche, culminant à des altitudes où l’oxygène se fait rare et les lacets se multiplient. Les Dolomites, à l’est, forment un massif à part : des tours de calcaire rose, des routes entre parois verticales, une beauté presque irréelle qui donne l’impression de grimper dans un tableau.

Le Giro d’Italia, fabrique de légendes

Fondé en 1909, le Giro d’Italia a structuré sa course autour de ces cols depuis plus d’un siècle. Là où le Tour de France aime les grandes traversées de massifs, le Giro plonge ses coureurs dans des ascensions perpétuelles, souvent deux ou trois par étape, enchaînées sans respiration. C’est cette philosophie qui a rendu les cols italiens si redoutables et si célèbres. Le Stelvio a été Cima Coppi, point culminant du Giro, à de nombreuses reprises. Le Mortirolo a vu Pantani s’envoler en 1994 d’une façon que ses rivaux n’ont jamais oubliée. La Fedaia a décidé des destinées de plusieurs Maillots Roses à l’approche de la dernière semaine.

Coppi, Pantani, Nibali : les grimpeurs qui ont forgé ces routes

Impossible de parler des cols italiens sans nommer ceux qui les ont rendus mythiques. Fausto Coppi, le Campionissimo, a conquis les sommets alpins italiens dans les années 40 et 50 avec une élégance qui reste la référence absolue. Marco Pantani, le Pirate, a transformé chaque ascension en spectacle de souffrance et de puissance brute dans les années 90. Vincenzo Nibali, plus récemment, a montré que l’école italienne des grimpeurs était toujours vivante. Quand vous poserez vos roues sur ces routes, vous pédalerez dans leurs traces. C’est tout sauf anodin.

Le Passo dello Stelvio (2 758 m) : le roi des cols italiens

Si vous ne deviez en faire qu’un. Le Stelvio est à la liste des cols cyclistes ce que la Sagrada Familia est à l’architecture : une œuvre qui dépasse la catégorie. Construit entre 1820 et 1825 pour relier l’Empire austro-hongrois à la Lombardie, le col culmine à 2 758 mètres et s’offre aux cyclistes via trois versants. Mais c’est depuis Prato allo Stelvio, côté est, que l’ascension prend toute sa démesure.

VersantDépartDistanceDéniveléPente moy.Pente max.
Est (Prato)Prato allo Stelvio (910 m)24,3 km1 808 m7,4%12%
Ouest (Bormio)Bormio (1 225 m)21,5 km1 533 m7,1%12%
Umbrail (Suisse)Santa Maria (1 375 m)13,7 km1 380 m10%13%

Les 48 lacets depuis Prato sont numérotés à rebours sur la route : 48, 47, 46, comme un compte à rebours qui s’étire sur 24 kilomètres. Les 14 premiers kilomètres traversent des forêts et des villages, avec des pentes régulières autour de 6-7%. À partir du km 15, le paysage change : la forêt disparaît, les lacets se resserrent, et les 9 derniers kilomètres s’enchaînent au-dessus de 2 000 mètres, exposés au vent et à la lumière rasante des Alpes. Le Stelvio Bike Day, organisé chaque année fin août, ferme le col aux voitures pour une journée entière : des milliers de cyclistes envahissent la route pour vivre l’ascension dans un silence presque total, coupé seulement par le bruit du dérailleur et des respirations.

Fausto Coppi y a signé l’une de ses plus grandes performances au Giro 1953, s’envolant dans le brouillard pour remporter l’étape avec plusieurs minutes d’avance. Le Stelvio figure au Giro comme Cima Coppi à plusieurs reprises. Il mérite amplement son statut de roi des cols italiens.

Le Passo del Mortirolo (1 852 m) : le plus brutal du Giro

Si le Stelvio impressionne par sa hauteur et ses lacets, le Mortirolo terrifie par ses pourcentages. Depuis Mazzo di Valtellina, le versant le plus redoutable, la route grimpe 12,4 km à 10,5% de moyenne, avec des passages réguliers à 15-18% dans la partie centrale. C’est ici que même les professionnels sortent le petit plateau et que les amateurs prient pour tenir jusqu’au sommet.

VersantDépartDistanceDéniveléPente moy.Pente max.
Mazzo (classique Giro)Mazzo di Valtellina (545 m)12,4 km1 300 m10,5%18%
EdoloEdolo (700 m)14 km1 150 m8,2%16%
MonnoMonno (1 179 m)3,8 km680 m7,8%15%

Le 5 juin 1994, Marco Pantani réalise ici l’une des accélérations les plus foudroyantes de l’histoire du cyclisme. Il lâche Indurain, Berzin et tous les favoris, pour s’envoler seul vers le sommet à un rythme que personne n’a jamais réussi à reproduire. Une sculpture commémorative du Pirate est installée au bord de la route, à mi-ascension : la plupart des cyclistes s’y arrêtent pour une photo, pour souffler un instant, et pour mesurer l’écart entre leur effort et le sien.

Le Mortirolo est à 20 kilomètres de Bormio par la route, ce qui le rend facilement intégrable dans un séjour Stelvio-Gavia. Mais ne le sous-estimez jamais : les 3 kilomètres centraux, avec des pentes à 15-18%, transforment les grimpeurs aguerris en hommes ordinaires.

Le Passo di Gavia (2 621 m) : le col de l’enfer blanc

Le 5 juin 1988, le Giro d’Italia engage ses coureurs sur le Passo di Gavia par un temps apocalyptique. Neige, verglas, température négative, visibilité quasi nulle. Andy Hampsten, cycliste américain de l’équipe 7-Eleven, choisit d’attaquer plutôt que de subir. Il dévale la descente en hypothermie avancée, les mains gelées, et remporte l’étape avant d’endosser le Maillot Rose qu’il ne rendra jamais. Cette étape est aujourd’hui considérée comme l’une des plus héroïques de l’histoire des grands tours.

VersantDépartDistanceDéniveléPente moy.Pente max.
Bormio (est)Bormio (1 225 m)25,6 km1 396 m5,5%16%
Ponte di Legno (ouest)Ponte di Legno (1 258 m)17,3 km1 363 m7,9%16%

Le Gavia est un col à deux visages. Le versant Bormio est long et progressif : la pente s’installe progressivement avant de se redresser dans la partie haute, avec des passages à 12-16% sur les derniers kilomètres. Le versant Ponte di Legno est plus court mais plus régulièrement difficile. Dans les deux cas, un tunnel non éclairé et souvent humide attend les grimpeurs à mi-chemin. Au sommet, le panorama sur les glaciers lombards et la tranquillité du site font du Gavia une ascension sauvage, rude, et inoubliable.

Le Passo Giau (2 236 m) : la carte postale des Dolomites

Si vous deviez choisir un col pour comprendre pourquoi les Dolomites sont inscrites au Patrimoine mondial de l’UNESCO, ce serait le Giau. Son sommet offre l’une des vues les plus photographiées des Alpes italiennes : les tours calcaires des Croda da Lago et des Lastoni di Formin en arrière-plan, la route qui serpente dans un paysage lunaire de pâturages alpins. Aucune forêt, aucun abri. Juste la montagne, le ciel, et vos jambes.

VersantDépartDistanceDéniveléPente moy.Pente max.
Cortina (est)Cortina d’Ampezzo (1 224 m)16 km1 012 m6,2%14%
Colle Santa Lucia (ouest)Colle Santa Lucia (1 049 m)9,8 km1 187 m12,1%18%

Le versant est depuis Cortina est le plus emprunté. Les 16 kilomètres progressifs offrent un profil qui monte gentiment dans les premiers kilomètres avant de se redresser significativement passé le village de Pocol. Le Giau figure régulièrement au programme du Giro d’Italia et de la Maratona dles Dolomites, la cyclosportive la plus inscrite d’Europe avec plus de 35 000 demandes de dossard chaque année pour 9 000 places.

Le Passo Fedaia (2 057 m) : sous l’œil du glacier Marmolada

Il y a une violence particulière dans le Fedaia. Pas la violence continue du Mortirolo, mais celle du faux-plat soudainement rompu. La route longe longtemps le lac artificiel du Fedaia, réservoir d’eau glaciaire à 2 000 mètres d’altitude, avant de se dresser dans les derniers kilomètres en une montée qui peut atteindre 15-16%. Et là, dans votre dos, vous avez le glacier de la Marmolada, point culminant des Dolomites à 3 342 mètres.

VersantDépartDistanceDéniveléPente moy.Pente max.
Canazei (ouest)Canazei (1 465 m)14 km592 m4,2%15%
Sottoguda (est)Sottoguda (1 016 m)14,1 km1 041 m7,4%16%

Le versant Sottoguda est le plus réputé, notamment en raison de la Serrai di Sottoguda, une gorge étroite et spectaculaire dans laquelle la route s’engouffre sur plusieurs kilomètres. La pente y est sévère et régulière, 7-8% quasi constants, dans un couloir rocheux qui amplifie le son de la roue libre dans les descentes.

Le Monte Zoncolan (1 735 m) : le mur qui brise les champions

L’altitude n’est pas impressionnante. 1 735 mètres, c’est moins que beaucoup d’autres cols de cette liste. Mais le Zoncolan n’a pas besoin de l’altitude pour terrifier. Il a les pourcentages. Depuis Sutrio, le versant classique du Giro, la route grimpe 13,5 km à 8,9% de moyenne, avec des passages dans les trois derniers kilomètres à 13-15%, et une sortie ultime à 22% sur quelques centaines de mètres.

VersantDépartDistanceDéniveléPente moy.Pente max.
Sutrio (Giro)Sutrio (430 m)13,5 km1 203 m8,9%22%
OvaroOvaro (400 m)10 km1 290 m12,9%27%

Le versant Ovaro est réputé le plus difficile de toute l’Italie, avec 12,9% de moyenne sur 10 kilomètres et des passages à 27%. Le Zoncolan est apparu au Giro pour la première fois en 2003 et est devenu depuis l’un des finales les plus redoutés. Ivan Basso, Chris Froome et Thibaut Pinot y ont gagné des étapes mémorables.

Le Passo Pordoi (2 239 m) : le Cima Coppi des légendes

Le Pordoi est le col des Dolomites qui revient le plus souvent au programme du Giro d’Italia. Sa position géographique, au cœur du massif dolomitico entre le Val di Fassa et l’Alta Badia, en fait une étape naturelle pour les organisateurs. À 2 239 mètres, il a été plusieurs fois Cima Coppi, et son panorama sur les tours calcaires des Dolomites compte parmi les plus spectaculaires de toute la chaîne alpine.

VersantDépartDistanceDéniveléPente moy.Pente max.
Canazei (ouest)Canazei (1 465 m)12,3 km774 m6,3%9%
Arabba (est)Arabba (1 602 m)9,4 km637 m6,8%9%

Le Pordoi est le col le plus accessible de cette liste dans son profil : les pentes restent autour de 6-7%, sans passage brutal à deux chiffres. C’est également le col central de la Maratona dles Dolomites. Vous pouvez arriver en haut avec suffisamment de fraîcheur pour profiter de la vue : les Dolomites vues depuis le Pordoi, avec le Sella à l’est et la Marmolada au sud, restent parmi les visions les plus saisissantes du cyclisme de montagne.

Le Passo Sella (2 240 m) : au cœur du massif dolomitico

Le Passo Sella est unique à plus d’un titre. Non seulement il offre un panorama à 360° sur certains des groupes rocheux les plus spectaculaires des Dolomites, Sassolungo, Sella, Marmolada, mais il est le centre névralgique de la Sella Ronda, un circuit touristique qui relie quatre cols en boucle : Gardena, Campolongo, Pordoi et Sella. À vélo, enchaîner la Sella Ronda représente environ 60 km et 1 800 mètres de dénivelé, dans l’un des décors naturels les plus remarquables d’Europe.

VersantDépartDistanceDéniveléPente moy.Pente max.
Val Gardena (nord)Plan de Gralba (1 805 m)6,4 km434 m6,8%11%
Val di Fassa (sud)Canazei (1 465 m)11,8 km775 m6,6%10%

Les quatre versants du Sella sont relativement homogènes, des pentes entre 6 et 7% sans passage extrême, ce qui en fait un col idéal pour les cyclistes qui souhaitent s’initier aux Dolomites sans se confronter d’emblée aux monstres du Mortirolo ou du Zoncolan. Cortina d’Ampezzo, à 30 kilomètres, reste la base logistique de référence pour explorer ce secteur.

Le Monte Grappa (1 775 m) : la montagne sacrée du Véneto

Le Monte Grappa n’est pas un col au sens strict : c’est un sommet, une montagne isolée qui domine le Véneto entre Bassano del Grappa et Feltre. Mais pour les cyclistes, c’est une ascension que tout le monde connaît, notamment parce que le Giro l’a gravie à de nombreuses reprises et que l’histoire tragique du site lui confère une gravité particulière.

VersantDépartDistanceDéniveléPente moy.Pente max.
Bassano del Grappa (sud)Bassano del Grappa (120 m)34 km1 655 m4,9%11%
SemonzoSemonzo (310 m)11,4 km1 465 m12,8%18%
Feltre (nord)Feltre (320 m)26,1 km1 455 m5,6%12%

Le versant depuis Bassano est le plus long de cette sélection : 34 kilomètres de montée progressive, idéal pour les cyclistes qui aiment les longues ascensions régulières. Au sommet, le sanctuaire de la Madonna del Grappa et l’ossuaire militaire rappellent l’histoire du site. La vue sur la plaine du Pô et, par temps clair, les lagunes de Venise au loin, est d’une beauté silencieuse et grave.

Le Colle dell’Agnello (2 744 m) : le presque-Stelvio franco-italien

Techniquement à cheval sur la frontière franco-italienne, le Colle dell’Agnello (côté français : Col Agnel) est souvent oublié dans les classements des cols italiens, à tort. À 2 744 mètres d’altitude, c’est l’un des cols routiers les plus hauts d’Europe, juste derrière le Stelvio et l’Iseran. Son versant italien depuis Pontechianale est long, isolé, et d’une beauté alpestre qui tranche avec les Dolomites : pas de tours calcaires ici, mais des alpages infinis, une route qui serpente dans un paysage de haute montagne quasi désertique.

VersantDépartDistanceDéniveléPente moy.Pente max.
Pontechianale (IT)Pontechianale (1 624 m)21 km1 120 m5,3%11%
Ville-Vieille (FR)Ville-Vieille (1 375 m)20,5 km1 369 m6,7%11%

Le Colle dell’Agnello offre ce que les amateurs de cols cherchent souvent : une route peu fréquentée, un défi sérieux sans être extrême, et un sentiment de bout du monde une fois au sommet. La frontière franco-italienne est marquée par un simple poteau. Vous pouvez poser un pied dans chaque pays et constater qu’à 2 744 mètres, les drapeaux changent mais la souffrance, elle, reste identique.

Tableau récapitulatif : les 10 cols italiens en un coup d’œil

RangColAltitudeVersant réf.DistancePente moy.Pente max.Massif
1Passo dello Stelvio2 758 mPrato allo Stelvio24,3 km7,4%12%Alpes lombardes
2Passo del Mortirolo1 852 mMazzo di Valtellina12,4 km10,5%18%Alpes lombardes
3Passo di Gavia2 621 mPonte di Legno17,3 km7,9%16%Alpes lombardes
4Passo Giau2 236 mCortina d’Ampezzo16 km6,2%14%Dolomites
5Passo Fedaia2 057 mSottoguda14,1 km7,4%16%Dolomites
6Monte Zoncolan1 735 mSutrio13,5 km8,9%22%Alpes frioulanes
7Passo Pordoi2 239 mCanazei12,3 km6,3%9%Dolomites
8Passo Sella2 240 mVal di Fassa11,8 km6,6%10%Dolomites
9Monte Grappa1 775 mBassano del Grappa34 km4,9%11%Préalpes du Véneto
10Colle dell’Agnello2 744 mPontechianale21 km5,3%11%Alpes cottiennes

Comment préparer son ascension en Italie

Vouloir grimper le Stelvio ou le Mortirolo sans préparation spécifique, c’est s’exposer à une expérience que vous raconterez sans fierté. Ces cols récompensent les cyclistes qui arrivent avec des kilomètres dans les jambes, le bon équipement, et une stratégie d’effort pensée. Quelques fondamentaux.

Braquets, timing et gestion de l’effort

Pour les cols italiens en général, un plateau compact (34-36 dents) associé à une cassette 28 ou 32 dents est la configuration recommandée pour les cyclistes amateurs. Sur le Mortirolo et le Zoncolan, une cassette 32 voire 34 dents n’est pas du luxe : les passages à 15-18% ne pardonnent pas les braquets trop durs. Partez toujours trop lentement dans les premiers kilomètres. La tentation de profiter de la fraîcheur du départ pour mettre de l’intensité est une erreur classique que la montagne vous fait payer cher au km 8.

Les orages de montagne frappent généralement en fin de matinée et début d’après-midi dans les Alpes italiennes en été. Partir à 7h-8h du matin permet d’arriver au sommet avant les nuages et de descendre avant la pluie. C’est aussi l’heure à laquelle le trafic automobile est le plus calme sur des routes qui, au Stelvio, peuvent devenir encombrées en haute saison.

Bormio et Cortina d’Ampezzo, les bases de camp idéales

Bormio est la ville référence pour les cols du triangle Stelvio-Gavia-Mortirolo. Située à 1 225 mètres d’altitude, elle offre des hébergements adaptés aux cyclistes, des magasins de matériel, et une position géographique qui place les trois cols à moins de 25 kilomètres. Des kilomètres d’échauffement en altitude avant même de commencer à grimper : vos jambes vous remercieront.

Cortina d’Ampezzo, dans les Dolomites, joue le même rôle pour le Giau, la Fedaia, le Pordoi et le Sella. Station de ski des JO 1956 reconvertie en destination cyclosportive premium l’été, Cortina offre un cadre et une logistique sans équivalent dans les Dolomites. Prévoyez de réserver tôt en juillet-août.

FAQ : cols cyclistes Italie

Quel est le col le plus difficile d’Italie à vélo ?

Le Mortirolo est unanimement considéré comme le col le plus difficile d’Italie par les cyclistes professionnels. Sa pente moyenne de 10,5% sur 12 km depuis Mazzo, avec des passages à 18%, est souvent jugée plus éprouvante que le Stelvio malgré la plus faible altitude. Marco Pantani y a réalisé certaines de ses plus grandes performances au Giro d’Italia, et une sculpture à son effigie est installée à mi-ascension.

Combien de lacets y a-t-il sur le Stelvio ?

Le Passo dello Stelvio compte 48 lacets depuis Prato allo Stelvio (versant est), les plus célèbres et les plus photographiés. Ils sont numérotés à rebours sur la route depuis le bas. L’ascension depuis Prato représente 24,3 km pour 1 808 m de dénivelé à 7,4% de pente moyenne.

Quand les cols italiens sont-ils ouverts ?

La plupart des grands cols italiens (Stelvio, Gavia, Fedaia) ouvrent entre mi-juin et début juillet selon l’enneigement, et ferment en octobre-novembre. Le Passo Giau et le Passo Pordoi dans les Dolomites peuvent ouvrir un peu plus tôt, parfois dès mai. Vérifiez toujours l’état d’ouverture la veille sur le site des provinces locales.

Quel braquet pour grimper le Stelvio ?

Pour le Stelvio, un plateau compact (34 ou 36 dents) associé à une cassette 28 ou 32 dents est recommandé pour les cyclistes amateurs. Le plateau 50/34 avec cassette 11-32 permet de gérer les sections les plus raides (jusqu’à 12%). Ne sous-estimez pas les 24 km d’ascension : la fatigue accumulée en altitude change tout.

Peut-on enchaîner Stelvio, Mortirolo et Gavia en un séjour ?

Oui, et Bormio est la base de camp idéale. La ville est au pied du Stelvio, à 20 km du Mortirolo et à l’entrée du Gavia. En 3-4 jours de vélo, un cycliste entraîné peut raisonnablement enchaîner ces trois ascensions. Prévoir au moins un jour de récupération entre le Mortirolo (très éprouvant) et le Stelvio.

Quelle est la meilleure période pour rouler dans les Dolomites ?

Juin et septembre sont les mois idéaux. Les cols sont ouverts, les températures sont agréables (15-22°C au départ, 5-10°C au sommet), et le trafic automobile est beaucoup moins dense qu’en juillet-août. Évitez la première quinzaine d’août : les routes sont saturées de touristes. La météo en montagne peut changer très vite, toujours prévoir une veste imperméable légère.

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Conclusion

Les dix cols de ce classement ne sont pas interchangeables. Le Stelvio vous écrase de sa hauteur et de ses lacets. Le Mortirolo vous brise de ses pourcentages. Le Giau vous récompense par sa beauté. Le Zoncolan vous teste jusqu’à la limite de vos capacités. Et le Grappa vous offre ce silence grave des lieux chargés d’histoire que les cols de compétition n’ont pas toujours.

L’Italie cycliste, c’est cette combinaison unique : une culture du vélo enracinée dans l’identité nationale depuis Coppi et Bartali, des routes taillées pour le dépassement de soi, et des paysages, Alpes lombardes, Dolomites, Véneto, qui font du voyage en lui-même une expérience valant le déplacement. Une trace GPX de ces ascensions mérite d’être accrochée quelque part. La question n’est pas si vous devez faire ces cols. C’est lequel vous allez commencer par faire.

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