Col des Aravis à vélo depuis Flumet

1 486 mètres. Le point de passage le plus bas de la chaîne des Aravis. 42 passages au Tour de France depuis 1947. Et depuis Flumet, le versant le plus irrégulier, le plus surprenant, le plus intéressant : une courte montée à 6 %, une descente dans les gorges de l’Arrondine qui fait perdre l’altitude gagnée, puis La Giettaz – et de là, 7 kilomètres à 7 % de moyenne avec les alpages des Aravis qui s’ouvrent progressivement sur l’une des plus belles vues sur le Mont-Blanc des Alpes françaises. Le Col des Aravis depuis Flumet n’est pas le col le plus difficile. Mais c’est l’un des plus beaux, des plus animés, des plus fidèles du Tour de France. Ce guide vous y emmène kilomètre par kilomètre.

Col des Aravis depuis Flumet – À retenir
  • 1 486 m d’altitude – frontière Savoie / Haute-Savoie – 11,5 km depuis Flumet – 5,2 % de moyenne (trompeuse) – ouvert toute l’année
  • Profil irrégulier en 3 actes : 1,5 km à 6 % → descente gorges de l’Arrondine → La Giettaz → 7 km à 7 % de moyenne
  • Tunnel de 80 m non éclairé à 600 m du col – passage le plus difficile : 600 m à 8 % juste après
  • 42 passages au Tour de France depuis 1947 – le col alpin le plus emprunté par la Grande Boucle
  • Chapelle Sainte-Anne, restaurants, Reblochon au sommet – panorama direct sur le Mont-Blanc (4 808 m)

Le Col des Aravis en chiffres (versant Flumet)

ParamètreValeur
Altitude du sommet1 486 m (frontière La Clusaz / La Giettaz)
MassifChaîne des Aravis – frontière Savoie (73) / Haute-Savoie (74)
Point de départFlumet – 876 m d’altitude (Val d’Arly)
Distance depuis Flumet11,5 km (D909)
Dénivelé positif~610 m (hors descente intermédiaire)
Pente moyenne5,2 % (très trompeuse – voir profil réel)
Pente maximale8 % (600 m après le tunnel, avant le col)
Profil réelKm 0–1,5 : 6 % → descente gorges (1,4 km) → La Giettaz → 7 km à 7 % moy.
ParticularitésGorges de l’Arrondine avec tunnel – tunnel 80 m non éclairé à 600 m du col
Catégorie Tour de France2e catégorie (variable selon le parcours)
Passages Tour de France42 fois depuis 1947 – le plus emprunté des Alpes françaises
OuvertureToute l’année (route principale desservant La Clusaz)
Au sommetChapelle Sainte-Anne – restaurants – fermes Reblochon – vue Mont-Blanc
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Départ Sommet Tracé de l'ascension Versant Flumet
Profil altimétrique — Flumet → Sommet
Distance
Dénivelé
Pente moy.
≤ 6 % 7–8 % 9–10 % ≥ 11 %

La moyenne de 5,2 % depuis Flumet est l’une des plus trompeuses des Alpes françaises. Elle cache un profil en trois temps radicalement différents : une montée franche, une descente dans les gorges qui fait perdre de l’altitude, puis 7 kilomètres à 7 % de moyenne depuis La Giettaz jusqu’au col. La pente réelle que vous ressentez dans les jambes est bien supérieure à ce que suggère la statistique globale.

L’ascension depuis Flumet – kilomètre par kilomètre

On part de Flumet (876 m), village du Val d’Arly au carrefour des routes vers Megève, Albertville et La Giettaz. La D909 monte vers le nord-ouest. L’ascension se découpe en trois séquences très distinctes.

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Km 0–1,5 : la sortie de Flumet – 6 % direct

Les 1,5 premiers kilomètres depuis Flumet montent à plus de 6 % dès le départ, au-dessus du bourg. La vue sur le Val d’Arly s’ouvre rapidement – Megève en face, les Aravis qui commencent à se profiler au nord. Puis, au bout de ces 1,5 km, la route plonge dans les gorges de l’Arrondine.

Le chiffre à retenir1,5 km à 6 %+ depuis Flumet – puis une descente de 1,4 km dans les gorges de l’Arrondine. Ce passage de descente dans une montée est la particularité la plus singulière du versant Flumet. On perd de l’altitude durement gagnée. Certains cyclistes vivent mal de descendre en montant un col. C’est pourtant ici que se joue la récupération avant La Giettaz.

Conseil tactique : Dans les gorges, profitez de la descente pour boire et manger sans perdre de rythme. Ce n’est pas le moment de ralentir – c’est le moment de recharger les batteries avant que La Giettaz ne lance les vraies hostilités.

Km 1,5–3 : les gorges de l’Arrondine

La descente de 1,4 km dans les gorges de l’Arrondine est encaissée, avec un court tunnel taillé dans la roche et un paravalanche. Le décor change radicalement par rapport à la sortie de Flumet – de la vue ouverte sur le Val d’Arly, on passe à une gorge étroite, ombragée, fraîche. En été, ce passage est bienvenu. En automne, il peut être humide et glissant.

En bas des gorges, Flumet et le fond du Val d’Arly sont visibles en contrebas. La route tourne à droite et commence à remonter vers La Giettaz. La “vraie” ascension commence ici.

Km 3–10,5 : La Giettaz et les 7 km à 7 % – là où le col se décide

La Giettaz, village montagnard savoyard perché sur les pentes des Aravis, marque le début des “vraies hostilités”. Depuis le village, la D909 grimpe à 7 % de moyenne en épingles dans les alpages de la chaîne des Aravis. La pente varie entre 6 et 8 % sans rythme fixe – irrégulière, changeante, qui ne permet pas de trouver un rythme de croisière stable sur la durée. C’est à la fois la difficulté principale et le charme de ce versant.

Les lacets exposent progressivement le paysage. Les alpages s’ouvrent, les falaises calcaires de la chaîne des Aravis dominent à gauche, les chalets savoyards ponctuent la montée. En regardant derrière, le Val d’Arly et Megève apparaissent en contrebas. En regardant devant, les lacets montent vers un col encore invisible. À mesure qu’on progresse, les sommets du massif du Mont-Blanc commencent à pointer à l’horizon.

Le chiffre à retenir7 km à 7 % de moyenne continue depuis La Giettaz. Les pourcentages oscillent entre 6 et 8 % sans jamais vraiment s’installer dans la régularité. C’est la section décisive du versant Flumet – celle qui reste dans les jambes longtemps après la descente.

Conseil tactique : L’irrégularité de la pente est la principale difficulté de cette section. Ne cherchez pas un rythme fixe – adaptez la cadence en permanence. Gérez par blocs visuels : de virage en virage, de lacet en lacet. Dans les passages à 8 %, restez assis et maintenez la cadence.

Km 10,5–11,5 : le tunnel et la rampe finale à 8 %

À environ 600 mètres avant le col, un tunnel de 80 mètres non éclairé traverse la roche. C’est court – 15 à 20 secondes à allure normale – mais suffisamment sombre pour surprendre. Un éclairage arrière est recommandé pour être visible des voitures qui arrivent de l’autre sens. Le tunnel lui-même se passe sans lumière si nécessaire.

Juste après le tunnel, 600 mètres à 8 % constituent le passage le plus difficile de toute l’ascension depuis Flumet. C’est court mais c’est le coup de grâce après 7 km à 7 %. Et puis le col s’ouvre. Et la vue sur le Mont-Blanc apparaît – plein cadre, dans toute sa largeur.

Le chiffre à retenir600 m à 8 % après le tunnel, à 600 m du col. C’est le passage le plus raide du versant Flumet – et il arrive quand les jambes ont déjà encaissé 10 km depuis Flumet. Mais après le tunnel, le col est proche. La vue sur le Mont-Blanc s’ouvre dans les dernières centaines de mètres.

Conseil tactique : Après le tunnel, si les jambes répondent encore, c’est le moment de finir proprement. Le col est à moins de 600 m. Et la vue qui attend au sommet mérite d’arriver en ayant tout donné.

Ce que vous trouvez au sommet

Le Col des Aravis n’est pas un sommet sauvage et solitaire. C’est un col vivant, animé, avec de vrais services en saison – et une vue qui arrête le souffle.

La chapelle Sainte-Anne : La petite chapelle du col, au bord de la route, avec le Mont-Blanc en arrière-plan, est l’une des images les plus photographiées des Alpes françaises. Elle est ouverte en saison. La fête de Sainte-Anne (fin juillet) rassemble chaque année habitants et touristes au col.

Le Reblochon : Des fermes d’alpage situées au col ou à proximité vendent du Reblochon directement au producteur, surtout en été. Le Reblochon de Savoie AOP est produit dans les alpages de la chaîne des Aravis. S’arrêter pour en déguster un morceau avec la vue sur le Mont-Blanc est une tradition locale que beaucoup de cyclistes adoptent définitivement.

Le panorama sur le Mont-Blanc : La vue depuis le col sur la chaîne du Mont-Blanc (4 808 m) est l’une des plus directes et des plus impressionnantes des Alpes françaises. Le massif apparaît dans toute sa largeur depuis l’Aiguille Verte jusqu’aux Dômes de Miage, avec les alpages des Aravis en premier plan. Par temps clair, c’est une récompense à la hauteur de l’effort – et de la descente dans les gorges.

Col des Aravis et Tour de France – 42 passages, 75 ans de fidélité

42 passages au Tour de France depuis 1947. C’est le col alpin français le plus emprunté par la Grande Boucle – davantage que le Galibier sur la même période, davantage que l’Alpe d’Huez (qui entre dans le Tour en 1952). Cette fidélité s’explique par sa position géographique idéale entre Haute-Savoie et Savoie, son ouverture toute l’année, et sa vue sur le Mont-Blanc qui en fait un col télévisuel depuis toujours.

Le col a été franchi dans les deux sens selon les années. Le versant Flumet est moins fréquemment utilisé par le Tour que le versant La Clusaz – mais il l’a été, et les cyclistes qui connaissent les deux versants lui trouvent souvent plus de caractère. Fausto Coppi a passé les Aravis lors de ses Tours de France victorieux de 1949 et 1952. Chaque génération de champions depuis 75 ans y a laissé une empreinte.

La Time Megève Mont Blanc – les Aravis en cyclosportive

Chaque année début juin, la Time Megève Mont Blanc rassemble jusqu’à 2 000 cyclistes sur des parcours de 80 à 140 km au départ de Sallanches. Le parcours principal (110 km) enchaîne trois cols : la Colombière, les Aravis et les Saisies. Le Col des Aravis – emprunté par le versant La Clusaz / Saint-Jean-de-Sixt lors de cette épreuve – est le deuxième col du parcours, souvent le moment décisif où les groupes se scindent. L’une des plus belles cyclosportives des Alpes du Nord.

Comment préparer l’ascension depuis Flumet

Un compact 34 × 28 est largement suffisant. La pente maximale à 8 % est accessible à des cyclistes sportifs sans expertise particulière en montagne. Ce qui demande de la préparation mentale plus que physique : la descente dans les gorges, l’irrégularité du profil depuis La Giettaz, et le tunnel avant le col.

  • Km 0–1,5 : 6 %+ depuis Flumet. Trouvez votre rythme sans partir trop fort.
  • Km 1,5–3 : Descente dans les gorges de l’Arrondine. Récupérez. Buvez, mangez. Ne freinez pas mentalement.
  • Km 3 – La Giettaz : Début des vraies hostilités. Adaptez la cadence à l’irrégularité. Gérez de virage en virage.
  • Km 3–10,5 : 7 km à 7 % de moyenne. Section la plus longue et la plus exigeante. Le panorama s’ouvre progressivement.
  • Km 10,5 : Le tunnel de 80 m. Éclairage arrière recommandé. Court et sans danger si on roule normalement.
  • Km 10,5–11,5 : 600 m à 8 %. La vue sur le Mont-Blanc récompense les derniers coups de pédale.

Le col est ouvert toute l’année. En été, la D909 peut être fréquentée par les voitures et camping-cars côté La Clusaz – le versant Flumet est généralement plus calme. Partez tôt le matin pour les meilleures conditions.

Ce que vos jambes vont ressentir – le profil psychologique du versant Flumet

La descente dans les gorges comme épreuve mentale. Peu de cols alpins proposent une descente dans leur ascension. Le versant Flumet le fait, et c’est psychologiquement perturbant pour les cyclistes qui n’y sont pas préparés. Perdre 100 mètres d’altitude durement gagnés dans les gorges de l’Arrondine, c’est savoir qu’il va falloir les regagner dans la section La Giettaz – et plus. Accepter cette particularité avant le départ, c’est déjà la moitié du travail.

L’irrégularité de La Giettaz au col. Les 7 km depuis La Giettaz ne ressemblent pas aux lacets réguliers de l’Alpe d’Huez ou aux pourcentages constants du Signal de Bisanne. Ici, la pente oscille entre 6 et 8 % sans logique apparente, avec des replats inattendus et des passages plus raides qui surgissent dans les épingles. Cette imprévisibilité oblige à pédaler en permanence à la sensation plutôt qu’à la cadence – ce qui est mentalement plus fatiguant, même si physiquement les pourcentages restent gérables.

Le tunnel comme signal de fin. Quand le tunnel de 80 m apparaît dans les derniers hectomètres, c’est le signal que le col est imminent. Après le tunnel et les 600 m à 8 %, la route s’ouvre et le panorama sur le Mont-Blanc se déploie. Ce moment – sortir du tunnel dans la lumière et avoir le Mont-Blanc en face – est l’une des arrivées de col les plus marquantes des Alpes françaises.

La “Route de la Soif” – l’itinéraire légendaire qui part du col

Depuis le Col des Aravis, un itinéraire mythique pour les cyclistes locaux part vers l’est : la “Route de la Soif”, reliant le col au Col de l’Arpettaz au-dessus d’Ugine. Cet itinéraire “en balcon” traverse de nombreux alpages sur les hauteurs de la chaîne des Aravis, avec vue imprenable sur le Mont-Blanc et les sommets du Beaufortain. Chamois, mouflons, marmottes et aigles sont régulièrement observables. Réservé aux cyclistes aguerris en vélo de gravel mais l’une des plus belles routes cyclistes des Alpes du Nord.

FAQ – Col des Aravis depuis Flumet

Pourquoi y a-t-il une descente dans la montée depuis Flumet ?

Le versant Flumet suit la D909 qui passe par les gorges de l’Arrondine, une gorge creusée par le torrent entre Flumet et La Giettaz. La route perd environ 100 mètres d’altitude dans cette descente avant de remonter vers La Giettaz et le col. C’est la géographie de la vallée qui impose ce tracé – et c’est ce qui rend le versant Flumet plus irrégulier et plus surprenant que le versant depuis Saint-Jean-de-Sixt.

Combien de fois le Col des Aravis a-t-il été au Tour de France ?

42 fois depuis 1947 – c’est le col alpin français le plus emprunté par le Tour de France. Classé en 2e ou 3e catégorie selon le parcours, il figure régulièrement dans les étapes alpines des Alpes du Nord qui enchaînent la Colombière, les Saisies et les Aravis. Fausto Coppi (1949, 1952), Merckx, Hinault, Indurain – toutes les générations de champions y ont laissé une empreinte.

Le tunnel du Col des Aravis depuis Flumet est-il dangereux ?

Non – le tunnel de 80 mètres à 600 m du col est court et se passe rapidement. Il est non éclairé, ce qui peut surprendre si on n’y est pas préparé. Un éclairage arrière est recommandé pour être visible des véhicules qui arrivent en sens inverse. Le tunnel en lui-même ne présente aucune difficulté particulière – il est suffisamment large pour les cyclistes et les voitures.

Le Col des Aravis est-il ouvert toute l’année depuis Flumet ?

Oui – la D909 est ouverte toute l’année car c’est la route principale desservant La Clusaz. Des déneigements réguliers maintiennent la route praticable en hiver côté La Clusaz. En cas de chutes de neige importantes, des fermetures temporaires peuvent intervenir – consultez les conditions locales en hiver.

Peut-on acheter du Reblochon au col ?

Oui – des fermes d’alpage situées au col ou à proximité vendent du Reblochon directement au producteur, surtout en été. Le Reblochon de Savoie AOP est produit dans les alpages de la chaîne des Aravis. Les restaurants du col proposent également des plats montagnards à base de fromage local. S’y arrêter avec la vue sur le Mont-Blanc est l’une des meilleures traditions du col.

Quel est le braquet recommandé depuis Flumet ?

Un compact 34 × 28 est largement suffisant. La pente maximale à 8 % est accessible sans braquet spécifique de montagne. Si vous planifiez d’enchaîner d’autres cols dans la journée (Colombière, Saisies), un 34 × 30 sera plus confortable sur la durée.

Pour aller plus loin

Le versant Flumet du Col des Aravis ne ressemble à aucun autre. La descente dans les gorges de l’Arrondine, l’irrégularité des 7 km depuis La Giettaz, le tunnel de 80 m juste avant le col, la rampe à 8 % et puis – le Mont-Blanc. Ce profil en trois actes surprend, déstabilise, et récompense mieux que beaucoup de cols alpins plus célèbres.

42 passages au Tour de France depuis 1947. La Time Megève Mont Blanc chaque juin. Et au sommet, la chapelle Sainte-Anne, le Reblochon de l’alpage d’en face, et la chaîne du Mont-Blanc dans toute sa largeur. Le Col des Aravis depuis Flumet mérite bien mieux que sa réputation de “petit col” des Alpes.

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