Col du Grand Colombier depuis Artemare à vélo – Le versant des 21 % (1 501 m)

Depuis Culoz, le Grand Colombier est spectaculaire. Depuis Artemare via Virieu-le-Petit, il est brutal. 15,4 km, 8,1 % de moyenne, et un passage à 21 % dans la forêt au-dessus de Virieu qui a fait craquer des cyclistes bien plus aguerris que la moyenne. C’est le versant que les puristes choisissent en second – après avoir dompté les lacets de Culoz – ou en premier, par défi pur. Pas de lacets spectaculaires ici, pas de falaise calcaire photogénique. Juste la forêt, la pente, et ce mur de Virieu qui attend au km 11 comme un règlement de comptes. Ce guide vous prépare à ce que vous allez vraiment traverser.

Grand Colombier depuis Artemare – À retenir
  • 1 501 m d’altitude – versant Artemare via Virieu-le-Petit : le plus difficile des 4 versants du Colombier
  • 15,4 km – 8,1 % de moyenne – 1 244 m de dénivelé – 21 % de pente maximale au-dessus de Virieu-le-Petit
  • Pas de lacets spectaculaires, mais des passages à 20-22 % en forêt qui laissent des traces dans les jambes et la mémoire
  • Versant forestier et ombragé jusqu’au km 12 – puis alpages et vent au sommet
  • Le versant préféré des Fêlés du Grand Colombier – ceux qui veulent vraiment savoir ce que le Colombier a dans le ventre.

Le versant Artemare du Grand Colombier en chiffres

Avant d’attaquer, les données essentielles. Ce tableau concerne exclusivement le versant Artemare via Virieu-le-Petit – le plus exigeant des quatre accès au Grand Colombier.

ParamètreValeur
Altitude du sommet1 501 m
MassifJura méridional – Bugey (Ain)
Point de départArtemare – 257 m d’altitude
Distance depuis Artemare15,4 km
Dénivelé positif1 244 m
Pente moyenne8,1 %
Pente maximale21 % (au-dessus de Virieu-le-Petit, km 10-12)
CatégorieHors Catégorie (HC)
ParticularitéVersant le plus difficile du Grand Colombier – passage à 21 % en forêt
OuvertureToute l’année sauf enneigement – vérifier conditions en hiver
AccèsD31 depuis Artemare direction Virieu-le-Petit puis D120 vers le sommet
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Départ Sommet Tracé de l'ascension Versant Artemare
Profil altimétrique — Artemare → Sommet
Distance
Dénivelé
Pente moy.
≤ 6 % 7–8 % 9–10 % ≥ 11 %

Ce 8,1 % de moyenne dit beaucoup – et en même temps pas assez. Une pente moyenne de 8 % sur un col alpin classique, c’est régulier, gérable, prévisible. Sur le versant Artemare, cette moyenne cache une réalité bien plus violente : des kilomètres à 6-7 % suivis d’une section entre 18 et 22 % dans la forêt au-dessus de Virieu. La moyenne lisse ce qui est en réalité un col à double visage.

L’ascension depuis Artemare – kilomètre par kilomètre

On part d’Artemare (257 m), dans la vallée du Séran, bourg tranquille de Valromey. La route part vers l’est sur la D31, remonte doucement vers Virieu-le-Petit. Les premiers kilomètres sont presque décontractés – presque. Le Colombier vous laisse croire que ça va bien se passer. Il a tort.

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Km 0–6 : la vallée du Séran, montée progressive

Les 6 premiers kilomètres depuis Artemare longent le fond de vallée avant de commencer à grimper vers Virieu-le-Petit. La pente est modérée – 5 à 7 % – avec quelques passages plus raides qui annoncent la couleur. Le décor est rural, forestier, peu fréquenté. La route est étroite, le bitume souvent parfait.

C’est la section idéale pour trouver son rythme et calibrer son effort. Le tentateur ici, c’est la facilité relative de ces premiers kilomètres. Beaucoup partent trop fort, rassurés par la pente qui paraît raisonnable. Ce qu’ils ne savent pas encore – ou ce qu’ils ont oublié – c’est que le mur les attend 5 km plus loin.

Le chiffre à retenir6 % de pente moyenne sur les 6 premiers kilomètres. Confortable en apparence – mais gardez au moins 30 % de réserve. La forêt au-dessus de Virieu va vous réclamer tout ce que vous avez gardé, et peut-être un peu plus.

Conseil tactique : Installez votre rythme de croisière à 60-65 % de votre fréquence cardiaque maximum. Parlez si vous êtes en groupe – si vous ne pouvez plus parler, c’est déjà trop fort pour ce stade de l’ascension.

Km 6–12 : Virieu-le-Petit et le mur de la forêt

On traverse le village de Virieu-le-Petit (environ 600 m d’altitude) au km 7. C’est ici que le versant Artemare révèle sa vraie nature. Juste après le village, la route s’engage dans la forêt et la pente explose. En quelques centaines de mètres, on passe de 7 % à des rampes qui oscillent entre 18 et 22 %. Des cyclistes expérimentés décrivent ce passage comme “se lever de selle sur un mur”.

La section la plus dure se concentre sur environ 800 mètres à 20-22 % de pente maximale – un vrai mur de montagne, en pleine forêt, sans vue, sans air, sans repère visuel pour se projeter vers un sommet ou un replat. Juste la route qui monte devant soi, les arbres de chaque côté, et le silence interrompu par la respiration et le craquement des joints de genou. C’est ici que les braquets insuffisants se vengent.

Le chiffre à retenir21 % – pente maximale en forêt au-dessus de Virieu. Pour référence : 20 % de pente, c’est 1 m de dénivelé pour 5 m parcourus. Certains passages du versant Artemare frôlent les 22 % sur quelques dizaines de mètres.

Conseil tactique : Ne cherchez pas à maintenir la cadence dans les passages à 20 %. Si vous avez un 34 × 34, c’est le moment de l’utiliser sans honte. L’important est de ne pas s’arrêter – repartir sur une pente à 20 % est souvent plus difficile que de continuer à 3 km/h. Restez assis si possible pour maintenir l’adhérence de la roue arrière.

Km 12–15,4 : la selle de Fromentel et les alpages finaux

Après le mur de la forêt, un replat relatif s’étend au niveau de la Selle de Fromentel (vers 1 200 m d’altitude). C’est un soulagement immense – mais court. La pente dans ce passage est encore à 8-10 %, ce qui après les 21 % de la forêt ressemble presque à du plat. Profitez-en pour boire, manger, et vérifier que vos genoux fonctionnent encore.

Les 3 derniers kilomètres reprennent dans les alpages. La forêt laisse place à un paysage ouvert, souvent balayé par le vent. La pente oscille entre 8 et 11 % jusqu’au sommet. C’est plus dur mentalement que physiquement à ce stade – les jambes sont déjà largement entamées par le mur de Virieu. Le sommet et son panorama 360° s’approchent.

Le chiffre à retenir3 km d’alpages à 8-11 % après le mur de Virieu. Ce dernier tiers est objectivement moins difficile que le milieu de l’ascension – mais les jambes qui ont absorbé les 21 % le ressentent très différemment.

Conseil tactique : Si vous avez encore du sucre à absorber au niveau de la Selle de Fromentel, c’est le moment. Les alpages finaux sont exposés au vent – un coupe-vent léger peut être utile même en plein été.

Artemare vs Culoz – deux Colombier, deux expériences

Les puristes du Grand Colombier vous le diront : Culoz et Artemare sont deux cols différents qui partagent le même sommet. L’un est spectaculaire, l’autre est brutal. L’un vous donne envie de revenir, l’autre vous laisse une marque dans les jambes pour plusieurs jours. Les deux méritent d’être gravés – sur votre mur, et dans votre mémoire.

Critère Versant Culoz Tour de France Versant Artemare
Distance17,4 km15,4 km
Dénivelé1 262 m1 244 m
Pente moyenne7,1 %8,1 %
Pente maximale14 %21 %
ProfilIrrégulier – paliers + rampesProgressif puis mur violent
DécorFalaise calcaire, 17 lacets spectaculairesForêt dense, alpages finaux
Difficulté psychologiqueÉlevée – l’irrégularité use mentalementTrès élevée – le mur de Virieu est un choc brutal
Pour qui ?Tous niveaux confirmés, grimpeurs réguliersCyclistes expérimentés, bon matériel indispensable

Comment préparer le versant Artemare

Le braquet – la décision la plus importante

Sur le versant Artemare, le braquet n’est pas une préférence – c’est une question de survie. Un compact 34 × 34 est le minimum strict pour les passages à 21 %. Certains cyclistes très entraînés passent en 34 × 30, mais ils en parlent avec une sorte de respect mêlé de cicatrices. Pour la grande majorité des cyclistes amateurs, un triple plateau ou un 1× avec grand pignon (34 dents ou plus) est la configuration raisonnable.

Un braquet inadapté sur ce versant ne ralentit pas – il arrête. Et repartir sur une pente à 20 % est une expérience que peu de cyclistes souhaitent répéter.

Gérer l’effort sur 15,4 km

  • Km 0–6 : zone de mise en jambes. 60-65 % de FCM. Résistez à tout envie d’accélérer.
  • Km 6–7 : traversée de Virieu-le-Petit. Dernier ravitaillement possible. Buvez, mangez.
  • Km 7–12 : la forêt et le mur. Passez en petit plateau dès l’entrée dans la forêt. Ne forcez pas dans les passages à 21 % – gérez, ne combattez pas.
  • Km 12–13 : Selle de Fromentel – replat relatif. Récupérez activement.
  • Km 13–15,4 : alpages finaux. Vous pouvez progressivement augmenter l’effort si les jambes répondent.

Ravitaillement et logistique

Artemare dispose de quelques commerces – c’est votre dernier point de ravitaillement avant le sommet. Emportez deux bidons minimum depuis Artemare. Il n’y a pas de source d’eau garantie sur l’ascension. Le restaurant au sommet “La Pause du Grand Colombier” est ouvert de mai à octobre. Le versant Artemare est généralement ombragé jusqu’au km 12 – un avantage considérable par forte chaleur par rapport au versant Culoz exposé au soleil.

Ce que vos jambes vont ressentir – le profil psychologique du versant Artemare

La fausse sécurité des premiers kilomètres. Le versant Artemare commence doucement. Trop doucement. La pente progressive des 6 premiers kilomètres installe une confiance qui sera mise à rude épreuve. Contrairement au versant Culoz qui attaque fort dès le départ, Artemare vous laisse croire que vous avez fait le bon choix – et puis Virieu arrive.

Le choc du mur de Virieu. Même quand on le sait, même quand on l’a lu, le mur en forêt au-dessus de Virieu est un choc. En quelques centaines de mètres, la pente triple. La forêt bouche la vue. Il n’y a pas de repère visuel pour se projeter vers un sommet ou un replat. Juste la route qui monte à 21 % et les arbres. C’est l’endroit qui teste vraiment le mental autant que les jambes.

Le soulagement relatif de la Selle de Fromentel. Après le mur, le passage par la Selle de Fromentel est un soulagement immense – mais relatif. La pente y est encore à 8-10 %. Ce qui change, c’est l’absence de passages à 20 %. Les jambes interprètent cela comme un repos. Profitez de cette illusion.

Les alpages et la récompense méritée. Les 3 derniers kilomètres dans les alpages ouverts sont souvent les plus beaux de l’ascension. Le panorama commence à s’ouvrir. Le sommet est en vue. Et la conscience d’avoir survécu au mur de Virieu crée une satisfaction particulière – celle réservée aux versants qui ne pardonnent pas.

Les 4 versants du Grand Colombier – tableau comparatif complet

VersantDépartDistanceD+Pente moy.Pente max.Caractère
Sud – Culoz Tour de France Culoz17,4 km1 262 m7,1 %14 % Irrégulier, 17 lacets spectaculaires, le plus populaire
Ouest – Artemare Le plus difficile Artemare15,4 km1 244 m8,1 %21 % Progressif puis mur à 21 % en forêt – le vrai défi du Colombier
Nord-Ouest – Anglefort Anglefort15,7 km8 %14 % Régulier, moins fréquenté, beau panorama
Nord – Lochieu Lochieu~12 km7 %14 % Le plus accessible des 4, forestier, peu de trafic

Pour retrouver la trace GPX de l’ascension depuis Artemare, consultez notre galerie d’affiches de cols cyclistes.

FAQ – Grand Colombier depuis Artemare

Le versant Artemare est-il plus difficile que Culoz ?

Oui, objectivement. Le versant Artemare via Virieu-le-Petit affiche 21 % de pente maximale contre 14 % pour Culoz, et une pente moyenne supérieure (8,1 % vs 7,1 %). Le mur en forêt au-dessus de Virieu est la section la plus difficile de tous les versants du Grand Colombier. Les membres de la Confrérie des Fêlés classent généralement Artemare comme le versant le plus exigeant.

Quel braquet pour le versant Artemare du Grand Colombier ?

Un compact 34 × 34 est le minimum recommandé. Sur les passages à 21 %, un braquet insuffisant ne ralentit pas – il arrête. Si vous avez accès à un triple plateau ou à un groupe 1× avec un grand pignon (36 ou 38 dents), envisagez-le sérieusement. Ne sous-estimez pas ce versant.

Combien de temps pour monter le Grand Colombier depuis Artemare ?

Depuis Artemare via Virieu-le-Petit, comptez 1 h 45 à 2 h 15 pour un cycliste amateur confirmé. Le versant est plus court que Culoz (15,4 vs 17,4 km) mais significativement plus difficile. Les passages à 21 % réduisent considérablement la vitesse moyenne.

Peut-on s’arrêter et repartir sur le mur de Virieu ?

Techniquement oui, pratiquement très difficile. Repartir sur une pente à 20 % demande un équilibre et une force au niveau du braquet que beaucoup de cyclistes n’ont pas en condition de fatigue. Le conseil unanime des Fêlés et des habitués : ne pas s’arrêter. Ralentir à 3 km/h si nécessaire, mais continuer à pédaler.

Le versant Artemare est-il adapté aux débutants ?

Non. Le versant Artemare est réservé aux cyclistes expérimentés, bien équipés et entraînés spécifiquement pour les pentes raides. Pour une première ascension du Grand Colombier, le versant depuis Lochieu (nord, ~12 km, 7 % moy, 14 % max) est beaucoup plus adapté. Le versant Culoz est accessible aux cyclistes confirmés mais pas nécessairement experts.

Peut-on enchaîner Culoz et Artemare dans la même journée ?

C’est l’une des exigences de la Confrérie des Fêlés du Grand Colombier, fondée en 1992 : gravir les 4 versants dans la même journée. L’enchaînement Culoz-Artemare dans la journée est réalisable pour des cyclistes très entraînés. La majorité recommande de faire Artemare en second, quand on est déjà échauffé mais encore frais – car le faire après trois autres versants est une autre histoire.

Pour aller plus loin

Conclusion

Il n’y a pas de lacets spectaculaires sur le versant Artemare. Pas de falaise calcaire qui donne le vertige. Pas de route en corniche avec la vallée du Rhône à ses pieds. Ce qu’il y a, c’est 800 mètres à 21 % dans une forêt silencieuse, et la question simple qui se pose à tous ceux qui ont voulu tenter ce versant : est-ce que j’avais vraiment préparé ça ?

La réponse, c’est rarement oui la première fois. Et c’est exactement pour ça qu’on y revient. Pas pour la vue – qui est la même qu’au sommet de Culoz. Pas pour le décor – la forêt de Virieu n’est pas dans les guides touristiques. Mais pour cette satisfaction particulière, celle d’un versant qui ne pardonne pas les erreurs de préparation et qui récompense ceux qui ont fait leurs devoirs.

Le Grand Colombier depuis Artemare, c’est le versant pour ceux qui savent déjà ce qu’est le Colombier – et qui veulent vraiment savoir ce qu’il a dans le ventre.

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