Col du Grand Colombier à vélo – Guide complet de l’ascension (1 501 m)
1 501 mètres. Dix-sept lacets depuis Culoz. Et la réputation d’être le col le plus difficile situé hors des Alpes et des Pyrénées. Le col du Grand Colombier ne ressemble à aucun autre. Il est jurassien dans son cadre – calcaires, forêts, falaises vertigineuses – mais alpin dans son exigence. Hors Catégorie au Tour de France depuis 2012, premier col HC jamais classé en dehors des grands massifs montagneux, il a écrit quelques-unes des pages les plus mémorables de la Grande Boucle : Voeckler, Majka, Pogacar, Kwiatkowski. Et pour des milliers de cyclistes amateurs, il est le col de toute une vie. Ce guide vous emmène depuis Culoz le versant du Tour, le plus spectaculaire, le plus photographié – kilomètre par kilomètre jusqu’au panorama qui récompense tout.
- 1 501 m d’altitude – Hors Catégorie (HC) au Tour de France, premier col HC hors Alpes et Pyrénées
- Versant Culoz (Tour de France) : 17,4 km – 7,1 % de moyenne – 1 262 m de dénivelé – passages à 14 %
- 4 versants différents, 6 ascensions possibles – la confrérie des Fêlés récompense ceux qui font les 4 en un jour
- 5 passages au Tour de France (2012, 2016, 2017, 2020, 2023) dont une arrivée d’étape au sommet en 2020
- Panorama 360° sur le Mont Blanc, le lac du Bourget et le lac Léman. Gravir le Colombier, c’est mériter cette vue.
Le col du Grand Colombier en chiffres
Avant d’attaquer, les données essentielles. Le tableau ci-dessous récapitule les chiffres du versant Tour de France depuis Culoz – le versant historique, celui que les pros ont gravé dans la mémoire collective du cyclisme depuis 2012.
| Paramètre | Valeur |
|---|---|
| Altitude du sommet | 1 501 m |
| Massif | Jura méridional – Bugey (Ain) |
| Point de départ (versant Tour de France) | Culoz – 256 m d’altitude |
| Distance depuis Culoz | 17,4 km |
| Dénivelé positif | 1 262 m |
| Pente moyenne | 7,1 % |
| Pente maximale | 14 % |
| Catégorie Tour de France | Hors Catégorie (HC) |
| Passages au Tour de France | 5 fois (2012, 2016, 2017, 2020, 2023) |
| Nombre de versants | 4 versants – 6 ascensions différentes |
| Ouverture approximative | Toute l’année (sauf enneigement hivernal) |
| Particularité | Premier col HC hors Alpes et Pyrénées dans l’histoire du Tour |
Ce chiffre mérite qu’on s’y arrête : 7,1 % sur 17,4 km, c’est traître. Le Grand Colombier n’est pas un col à pente constante comme la Madeleine. Il alterne paliers et rampes à 12-14 %, ce qui épuise mentalement autant que physiquement. Chaque faux replat est une invitation à accélérer – et chaque relance qui suit le paie cash.
L’ascension du col du Grand Colombier depuis Culoz – kilomètre par kilomètre
On part de Culoz (256 m), au bord du Rhône. La route monte immédiatement sur le flanc de la montagne, dans la roche calcaire. Pas d’échauffement en plaine. Le Grand Colombier vous regarde droit dans les yeux dès le premier coup de pédale. L’ascension se découpe en trois actes très distincts.
Km 0–5 : la roche et les premiers raidillons
Les premiers kilomètres suivent la falaise calcaire. La route est étroite, taillée dans le rocher, avec des vues plongeantes sur Culoz et la plaine du Rhône. La pente oscille entre 8 et 10 % – ça commence fort. Par forte chaleur, la roche accumule et restitue la chaleur : ce versant peut être éprouvant en plein soleil d’été.
Vers le km 3-4, vous apercevez pour la première fois les fameux lacets, là-haut sur la montagne. Minuscules dans le lointain. C’est à la fois magnifique et légèrement décourageant. Résistez à l’envie d’accélérer pour les atteindre plus vite – vous n’êtes qu’au début.
Conseil tactique : Gardez 15 à 20 % de réserve. Le spectacle des lacets qui approchent va vous pousser à accélérer – ne le faites pas. Les kilomètres 6 à 14 sont les vrais juges de paix.
Km 5–14 : les 17 lacets, le cœur du Colombier
C’est ici que le Grand Colombier devient légendaire. Les 17 lacets s’enchaînent sur une route en corniche, avec vue dégagée sur la vallée du Rhône. La pente alterne entre 10 % dans les virages et 12-14 % dans les lignes droites entre les épingles. C’est irrégulier, surprenant, exigeant.
Le passage le plus difficile se concentre autour des km 10-12, avec plusieurs épingles consécutives où la pente frôle les 14 %. Les rochers affleurent de chaque côté de la route. L’ombre est rare. Mais le spectacle – la vallée qui s’étend à vos pieds, la Croix du Colombier qui se dessine au-dessus, la route qui zigzague dans la roche – justifie chaque gramme d’effort.
Conseil tactique : Dans les lacets, restez assis autant que possible. Debout sur les coups de pédale dans les épingles, c’est la fatigue assurée sur un col de cette longueur. Cadence fluide, braquet adapté. Laissez les jambes tourner.
Km 14–17,4 : le replat salvateur, puis le coup de grâce
Après les lacets, la route rejoint le carrefour avec la route d’Anglefort à environ 878 m d’altitude. Un replat de 2-3 km s’étend ici – bienvenu, mais traître. Beaucoup de cyclistes font l’erreur de relancer trop fort dans ce passage plus facile. Ce qu’ils oublient : il reste encore 3 km et 400 m de dénivelé après ce carrefour.
La dernière rampe reprend en sortie de carrefour et ne lâche plus. La route s’expose à nouveau, souvent ventée à cette altitude. La pente revient à 8-10 %, sans surprise mais sans répit. Le sommet est visible depuis longtemps – ce qui aide psychologiquement, et parfois décourage aussi.
Conseil tactique : Profitez du replat pour manger et boire – mais ne changez pas de rythme. Récupérez en pédalant à 60-70 % de votre effort habituel, et abordez la dernière montée avec du carburant encore dans les jambes.
Col du Grand Colombier et Tour de France – l’histoire d’un outsider devenu légende
Il a fallu attendre 2012. Soixante-dix ans de Tour de France sans jamais emprunter ce col jurassien qui terrorise les cyclistes locaux depuis des décennies. Sa première apparition dans la Grande Boucle en a fait le premier col classé Hors Catégorie hors des Alpes et des Pyrénées – une distinction unique dans l’histoire du Tour.
2012 : la première, et Nibali qui dynamite la descente
Étape 10 du Tour 2012. Le Grand Colombier apparaît pour la première fois dans la Grande Boucle. C’est le Français Thomas Voeckler qui franchit le sommet en tête depuis Culoz. Mais le moment le plus marquant vient sur la descente : Vincenzo Nibali lance une offensive furieuse vers Culoz, ouvrant un écart sur Bradley Wiggins. Pour la seule fois de ce Tour, le leader vacille. Le Grand Colombier entre dans l’histoire.
2016 : double ascension, Majka au sommet
En 2016, le col est franchi deux fois dans la même étape. Rafa Majka passe en tête lors des deux ascensions et décroche le maillot à pois. Une double ascension du Grand Colombier dans la même journée – même les membres de la confrérie des Fêlés apprécieraient.
2020 : arrivée d’étape au sommet, Pogacar révèle Bernal
C’est l’étape qui change l’histoire de ce Tour. Étape 15, arrivée au sommet du Grand Colombier pour la première fois. Tadej Pogacar impose un tempo infernal dans les lacets. Egan Bernal – tenant du titre, leader du Tour – craque. Il perd 7 minutes. Le Colombien ne reviendra jamais. C’est au sommet du Grand Colombier que le Tour 2020 bascule vers Pogacar.
2023 : Kwiatkowski en solo, Pogacar grignote
Le 14 juillet 2023, étape 13. Michal Kwiatkowski (INEOS Grenadiers) s’impose en solitaire au sommet. Derrière lui, dans le groupe des favoris, Pogacar grappille 8 secondes sur Vingegaard. Le Grand Colombier reste le terrain de jeu des hommes forts.
Comment préparer l’ascension du col du Grand Colombier
Le braquet idéal
Un compact 34 × 30 est le strict minimum depuis Culoz. Pour la grande majorité des cyclistes amateurs, un 34 × 32 ou 34 × 34 est la configuration raisonnable. Le caractère irrégulier de l’ascension – paliers à 8 % suivis de rampes à 12-14 % – exige un braquet qu’on peut changer rapidement. Ne vous faites pas piéger par les portions plus faciles : gardez toujours une dent de secours pour les épingles des lacets.
Gérer 17,4 km d’irrégularité
- Km 0–5 : falaise calcaire, raidillons à 8-10 %. Gardez votre rythme de croisière, 65-70 % de FCM. La chaleur peut surprendre ici.
- Km 5–12 : lacets. Ne cambrez pas sur les épingles. Cadence fluide, assis autant que possible.
- Km 12–14 : passages à 14 % – le point de bascule. Respirez, ne forcez pas.
- Km 14–15 : replat du carrefour Anglefort. Récupérez, ne relancez pas.
- Km 15–17,4 : dernière montée exposée au vent. Montez progressivement l’intensité si vous vous en sentez la force.
Ravitaillement, météo et spécificités
Il n’y a pas d’eau entre le départ de Culoz et le sommet. Emportez deux bidons minimum, trois par forte chaleur. Le restaurant “La Pause du Grand Colombier” est ouvert de mai à octobre au sommet – hors saison, vous ne trouverez rien. Le col est praticable toute l’année sauf enneigement. Les deuxièmes samedis de juin, juillet, août et septembre, la route est fermée aux voitures – idéal pour une ascension tranquille.
Ce que vos jambes vont ressentir – le profil psychologique du Grand Colombier
L’irrégularité comme adversaire principal. Contrairement à la Madeleine ou au Télégraphe qui sont réguliers, le Grand Colombier vous joue en permanence des tours. Chaque fois que vous vous installez dans un rythme, une épingle à 14 % vous le brise. C’est mentalement épuisant. On ne peut pas “verrouiller” son effort sur ce col – il faut constamment s’adapter.
Le vertige des lacets. La zone des lacets entre les km 6 et 14 est l’une des routes de montagne les plus spectaculaires de France. Certains cyclistes la vivent comme un moteur – la vue est si belle qu’on oublie la pente. D’autres sont déstabilisés par la succession d’épingles qui semble ne jamais finir.
Le piège du replat. Vers le km 14, un replat bienvenu s’étale avant le carrefour d’Anglefort. Psychologiquement, c’est libérateur. Physiquement, c’est le moment le plus dangereux : le soulagement pousse à relancer. Ceux qui relancent trop paient dans la dernière montée, exposée au vent, sans ombre.
La récompense finale. Au sommet, le panorama à 360° vous attend : le Mont Blanc par temps clair, le lac du Bourget, le lac Léman, le Rhône en contrebas, les massifs des Alpes. Rares sont les cols qui offrent une vue aussi large depuis une altitude aussi accessible.
Les versants du col du Grand Colombier – tableau comparatif
Le Grand Colombier se distingue par la diversité de ses accès. Quatre versants, six ascensions différentes – chacune avec son caractère, ses difficultés, son décor. La confrérie des Fêlés du Grand Colombier, fondée en 1992, récompense les cyclistes qui gravisent les quatre versants principaux dans la même journée.
| Versant | Départ | Distance | D+ | Pente moy. | Pente max. | Caractère |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Sud – Culoz Tour de France | Culoz | 17,4 km | 1 262 m | 7,1 % | 14 % | HC – irrégulier, 17 lacets spectaculaires, le plus populaire |
| Ouest – Artemare | Artemare | 15,4 km | 1 243 m | 8,1 % | 22 % | HC – le plus difficile, passage à 22 % au-dessus de Virieu-le-Petit |
| Nord-Ouest – Anglefort | Anglefort | 15,7 km | – | 8 % | 14 % | HC – régulier, moins fréquenté, beau panorama |
| Nord – Lochieu | Lochieu | ~12 km | – | 7 % | 14 % | HC – la plus accessible des 4, forestière, peu de trafic |
Pour retrouver la trace GPX de l’ascension depuis Culoz, consultez notre galerie d’affiches de cols cyclistes.
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FAQ – Col du Grand Colombier à vélo
Quelle est la difficulté du col du Grand Colombier ?
Le col du Grand Colombier est classé Hors Catégorie (HC) au Tour de France – le niveau de difficulté maximum. Il est considéré comme l’un des cols les plus difficiles de France en raison de son profil irrégulier, ses passages à 14 % depuis Culoz et jusqu’à 22 % depuis Artemare. C’est le premier et seul col HC jamais classé hors des Alpes et des Pyrénées dans l’histoire du Tour de France.
Combien de temps pour monter le col du Grand Colombier depuis Culoz ?
Depuis Culoz, comptez environ 1 h 30 à 2 h 00 pour un cycliste amateur bien entraîné, 2 h 00 à 2 h 30 pour un sportif régulier. Passer sous les 1 h 20 depuis Culoz est une très belle performance amateur.
Quel braquet utiliser pour le col du Grand Colombier ?
Un compact 34 × 30 est le minimum recommandé depuis Culoz. Un 34 × 32 ou 34 × 34 est plus confortable pour les amateurs. L’irrégularité du profil – paliers suivis de rampes à 12-14 % – exige de pouvoir changer de braquet rapidement.
Combien de versants a le col du Grand Colombier ?
Le col du Grand Colombier dispose de 4 versants principaux pour 6 ascensions différentes : depuis Culoz (sud), depuis Artemare via Virieu-le-Petit (ouest, le plus difficile avec 22 % de pente max), depuis Anglefort (nord-ouest) et depuis Lochieu (nord, la plus accessible). La Confrérie des Fêlés du Grand Colombier, fondée en 1992, récompense ceux qui gravisent les 4 versants dans la même journée.
Quand le col du Grand Colombier est-il ouvert ?
Le col du Grand Colombier est praticable toute l’année, sauf en cas d’enneigement important en hiver. Vérifiez les conditions en temps réel sur le site de l’office de tourisme du Bugey Sud avant de partir en période hivernale.
Le col du Grand Colombier a-t-il été au Tour de France ?
Oui, à 5 reprises depuis sa première apparition en 2012 : en 2012 (Thomas Voeckler en tête), 2016 (double ascension, Rafa Majka), 2017, 2020 (arrivée d’étape au sommet, Tadej Pogacar vainqueur) et 2023 (Michal Kwiatkowski). C’est le premier col classé Hors Catégorie hors des Alpes et des Pyrénées dans l’histoire du Tour.
Pour aller plus loin
Le col du Grand Colombier n’est pas un col alpin. Il n’en a pas l’altitude, ni le prestige centenaire. Mais depuis 2012, il a prouvé qu’il n’avait de leçons à recevoir d’aucun col de France. Premier HC hors des grands massifs, terrain de jeu de Pogacar, bourreau de Bernal, scène de la descente folle de Nibali – il a écrit sa propre légende en moins de quinze ans.
Pour les cyclistes amateurs, il représente quelque chose de particulier : un col qu’on peut atteindre depuis Lyon en une heure de voiture, qui propose quatre visages différents, et dont les lacets comptent parmi les plus beaux panoramas du cyclisme français. Pas besoin d’aller dans les Alpes pour trouver un HC. Il est là, dans le Jura, à deux pas du Rhône, à attendre.
Voeckler l’a franchi en tête le premier. Pogacar y a humilié Bernal. Kwiatkowski y a levé les bras un 14 juillet. Et vous ? Il ne demande qu’à être gravé dans votre palmarès – et dans votre salon.
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